Fun, fun, fun, fun : Analyse stylistique succinte de l'œuvre poétique de Rebecca black

Publié le par cheurtra

Aujourd'hui, on inaugure une nouvelle partie du blog, celle des décryptages des tendances de l'internet, une nouvelle partie qui me permettra de bénéficier du travail des autres sous le pretexte hypocrite de l'expliquer et de faire rejaillir tous les honneurs sur ce blog, qui générera des milliers de connexions/minutes et me permettra d'atteindre le but ultime de tout bloggueur : vivre de la vente de produit dérivés.

Si vous suivez un peu les tendances-poubelles de l'internet, vous avez certainement entendu le buzz du jour, la chanson pleine de sagesse et de profondeur de la douce Rebecca black, la cyber-sensation du moment. Si ce n'est pas le cas, je vous laisse découvrir le "phénomène" :




 

Alors bien sur, passé le moment de la surprise, tout le monde se demande : qui est cette Rebecca Black ? Qu'a-t-elle fait pour créer autant d'engouement ? C'est pas qu'avec sa chanson pourrie quand meme ? Si ?!?

 

Avec un tel pseudonyme, on imagine tout de suite que c'est une furieuse pornstar, et que l'on va vite trouver rebecca black nue, rebecca black topless, rebecca black sextape.

http://wizard.gamebanana.com/img/ico/sprays/pedobear_watching.png

Et bien pourtant, non. Mais je souhaite tout de même la bienvenue à tous les beaux dégueulasses qui ont tapé ça dans google et qui ont atterri ici.

(la miss à quand même 13 ans, calmez vous !)

 

On fait de l'audience comme on peut.

 

Passé la surprise, donc, le monde est tout de suite partagé :

• La horde purulente d'ados à mèche grasse modèle Albator trouve ça trop kikoo-oSom-aymdayhayre qui represente trop le fun, le fun, le fun et puis aussi le fun, et que t'façon tu comprends trop pas, pis t'es même pas mon vrai père alors fich ;

• Le reste du monde, celui qui à un reste de cerveau et un résidu d'oreille, qui lui voue une haine profonde et lui souhaite la disparition la plus brutale et immédiate possible. Ils n'ont pas tué justin bieber ( justin bieber nu - la mèche de justin bieber nue ) dans l'œuf et s'en mordent les doigts, et sont bien décidés à ne pas faire la même erreur deux fois. C'est bien légitime.

Mais n'est-ce pas là aller un peu vite en besogne ? Jetons un oeil un peu plus attentif sur le texte.

Analyse stylistique succinte de l'œuvre poétique de Rebecca black

Hormis les moments où elle nous raconte qu'elle mange des céréales et toutes les passionnantes choses qui occupent sa petite cervelle de piaf (et encore on à du bol, il parait qu'il existe une version de 7 heures ou elle dit je mets un pied devant l'autre pied et puis un pied devant l'autre pied et puis un pied devant l'autre pied et puis un pied devant l'autre pied et puis un pied devant l'autre pied et puis un pied devant l'autre pied et puis un pied devant l'autre pied, et ça n'a rien de drôle. Et je vous passe le alternative mix je pense à inspirer, je pense à expirer) , on a droit à quelques moments surréalistes :


• Les moments où elle se demande quel siège choisir, parce que c'est vrai quoi, il faut choisir entre s'échanger les derniers potins avec Paméla qui à un nouveau gloss à paillettes en forme d'étoiles ou s'asseoir à coté du beau Brad, qui en plus d'être le fils du pasteur, est également capitaine de l'équipe de foot, donc c'est stratégique quand même (notez au passage l'aisance avec laquelle l'auteure fait rimer "seat" avec "seat", c'est remarquable) : 

 

Kickin’ in the front seat / Sautant sur le siege de devant
Sittin’ in the back seat / S'asseyant sur le siege de derriere
Gotta make my mind up / Je dois me decider
Which seat can I take? / Quel siege vais-je choisir ?

• Les moments où, telle une diva vaudou possédée par le spectre de feu Scat-man, elle se laisse emporter dans un slam endiablé qui n'est pas sans rappeler l'œuvre des meilleurs MC's de musique Rap (notez au passage la dextérité dont l'auteure fait montre lorsqu'elle fait rimer "fun" avec "fun", c'est admirable) :

Partyin’, partyin’ (Yeah) / Fêter, fêter (oui)
Partyin’, partyin’ (Yeah) / Fêter, fêter (oui)
Fun, fun, fun, fun / Amusement, amusement, amusement, amusement

Sinon le reste de la chanson consiste principalement en :

It’s Friday, Friday / c'est vendredi, vendredi
Gotta get down on Friday / en route pour vendredi
Everybody’s lookin’ forward to the weekend, weekend / Tout le monde attend le week-end
Friday, Friday / vendredi, vendredi
Gettin’ down on Friday / en route pour vendredi
Everybody’s lookin’ forward to the weekend / Tout le monde attend le week-end

Si ce passage commence déjà à vous navrer, attendez l'apothéose :

Tomorrow is Saturday / Demain c'est samedi
And Sunday comes afterwards / et dimanche vient après
I don’t want this weekend to end / je ne veux pas que ce week-end se finisse
Lookin’ forward to the weekend / en attendant le week end


Alors bon. Devant ce déballage de termes techniques de chronologie, on peut rester circonspect (ou se dire qu'elle est complètement conne, je vous l'accorde). Mais s'arrêter là serait bien trop facile. Car quel est le message caché derrière tout ça ? Il y en a bien un ! Dans quel but sous-jacent nous martèle-t-elle ainsi quelque chose qui nous semble si évident ?

C'est bien simple : Rebecca nous montre ainsi son attachement profond au calendrier grégorien proleptique, le seul, l'unique.

Elle, les autres calendriers, ça l'intéresse pas. Ne lui parlez pas de la semaine de dix jours du calendrier révolutionnaire avec ses Primidi, Duodi, Tridi, Quartidi, ça lui donne envie de gerber. N'abordez pas le sujet du calendrier védique, où un nakshatra ahoratram équivaut à 30 muhurtas (qui lui meme est égal à 2 ghadiyas -véridique !- ) ou de ce genre de zoulouterie, elle pourrait bien vous envoyer bouler !!

Elle c'est le calendrier des Etats-Unis d'Amérique qui la botte, et rien d'autre.

Car c'est bien le spectre du nationalisme qui plane derrière cette chanson, comme en témoignent tous les petits sourires entendus et clins d'oeil complices qu'elle disperse le long du clip.

 

Et ouais.

A moi, on ne me l'a fait pas.

"Bon, bref, c'est naze", direz-vous finalement, et vous n'aurez pas tort.

"Alors pourquoi ce fichu bougre, qui nous a habitué à des lols de qualité et des blagues de bon gout, nous salit-il les neurones avec une si piètre chansonnette ?" vous demanderez vous également, fort à-propos.

"Mollo l'asticot, j'y viens !" vous répondrais-je avec véhémence !

 

Car si il y a bien un effet bénéfique à la production de ces chansons affligeantes, c'est bien la réaction du cybermonde qui, comme à son habitude, s'est mis à produire une grosse quantité de lols en "l'honneur" de la demoiselle. Et pour que vous les saisissiez à leur pleine mesure, il fallait bien que je vous fasse un topo ! C'est vrai quoi !

En voici donc une sélection du meilleur de :

http://chzmemebase.files.wordpress.com/2011/03/memes-well-this-is-gonna-be-fun-fun-fun.jpg



http://graphjam.files.wordpress.com/2011/03/funny-graphs52.png


Principaux dilemnes des adolescents :

1/ Est-ce que Billy m'aime aussi ?

2/ Comment avoir de bonnes notes ?

3/ Où est-ce que je devrais aller à la fac ?

4/ Quel siège choisir ?

 


http://chzmemebase.files.wordpress.com/2011/03/memes-fascinating.jpg

 

http://chzmemebase.files.wordpress.com/2011/03/memes-just-found-out.jpg

 

http://chzmemebase.files.wordpress.com/2011/03/memes-even-samuel-l-jackson-hates-fridays-now.jpg

Je te mets au défi de dire Friday encore une fois !

 

http://chzmemebase.files.wordpress.com/2011/03/memes-rebecca-black-said.jpg

"Friday", elle disait 

"Fun, fun", elle disait

"j'attends le week end", elle disait

"NE ME TUE PAS AVANT SAMEDI" ELLE DISAIT

 

http://chzmemebase.files.wordpress.com/2011/03/memes-the-last-friday.jpg

Quel siege vais-je choisir ? Celui-là.

 

http://chzmemebase.files.wordpress.com/2011/03/memes-ptsd-clarinet-kid-friday.jpg

Elle disait que dimanche viendrait ensuite... je ferai en sorte que le sien n'arrive jamais

(vous savez comment sont les roux NDLR)

 

 UPDATE :

 http://chzmemebase.files.wordpress.com/2011/04/memes-rebeccas-black.jpg

Pour ceux qui se demandent, c'est Rosa Parks ;)

 

http://chzmemebase.files.wordpress.com/2011/04/memes-hard-choices.jpg

La rencontre improbable de Rebbecca et d'Arman

 

http://chzmemeafterdark.files.wordpress.com/2011/04/naughty-memes-i-see-my-friends.gif

 

Toutes ces images sont issus de memebase.com.
Que le grand vishnou savonne tous leurs merveilleux contributeurs.
Bonsoir à tous.

Commenter cet article

Ouh 29/03/2011 15:15


Pertinente analyse quant au calendrier grégorien !

Vous auriez pu également souligner la prestation chorégraphique de sa best friend : http://i.imgur.com/7bkPs.gif


cheurtra 29/03/2011 20:33






 


LAULE



Fougère 24/03/2011 19:26


Le temps d'un truti j'ai cru que ce post ne serait pas drôle... Et le temps que l'aiguille pénètre la feuille de lotus, vous dissipâtes mes craintes...

Grâce vous soit rendue.


Alexis 24/03/2011 16:08


Elle devrait songer à postuler dans les Black Eyed Peas, eux-z-aussi grands auteurs de prose devant l'Eternel. Ils partagent cette obsession pour le calendrier à semaine heptadiurne (ne cherchez
pas ce mot dans le dictionnaire, je viens de l'inventer).


I gotta feeling that tonight's gonna be a good night
That tonight's gonna be a good night
That tonight's gonna be a good, good night

(...)

Monday, Tuesday, Wednesday and Thursday
(Do it!)
Friday, Saturday, Saturday to Sunday
(Do it!)


cheurtra 24/03/2011 16:22



C'est vrai qu'en matiere de lyrics affligeants, non non, non non non non, non non non non, non non il n'y a pas de limite.



Ophé 24/03/2011 14:08


C'est sans aucun doute une gazette de la win.


lilou 24/03/2011 14:05


A quand l'analyse des paroles de justin Bibber... je brûle...