Si les murs ont des oreilles, les buissons ont des micros

Publié le par cheurtra

Aujourd'hui dans la presse, suite à l'affaire des bootlegs de l'Élysée, les buissons remuent pire qu'au Cap d'Agde. Pourtant, on y entend rien de vraiment exclusif, du moins sur le fond.

 

Sur la forme, on apprend que les chiens de l'Élysée seraient apparemment une sacrée bande de connards : ils errent en meute dans les jardins, se roulant sur le sol, faisant leurs besoins ça et là, hurlent à la lune jusqu'à pas d'heure, je sais pas si tu vois le bordel.

 

On l'apprend dans le compte rendu du Canard enchainé, là où, dans le debrief de l'allocution où le président à annoncé le remaniement, ce dernier demande : "On n'a pas entendu ces connards de chiens qui aboyaient [dans les jardins élyséens]?". Réponse de Patrick Buisson qui porte un micro : "Tu parlais des journalistes?". 

 

S'ensuivent des petits gloussements complices, suivi de bruits de roulages de grosses pelles. Puis on entends Nico qui débarrasse son bureau d'un geste, flanquant tout par terre. Puis, on distingue nettement le bruit d'un escabeau, suivi de petits bonds, puis, le chef de l'état déclare "prends moi là, sur la paillasse du Général".

 

Un peu plus tard, les corps suintants et harassés, les deux compères s'en grillent une, puis décident de diffuser les éléments de langage comme on commanderait des huitres au service d'étage. Ils appellent donc Etienne à la direction de la rédaction du Figaro.

 

Patrick Buisson, écrit Le Canard, "conseille fortement au patron du Figaro 'de faire passer dans le titre l'idée de la nécessité de s'adapter aux circonstances nouvelles. C'est ça l'idée.'". Le lendemain, lundi 28 février, le Figaro titrait en une : "Un gouvernement fortement remanié : la stratégie de Sarkozy face aux défis du monde arabe."

 

" Alors Etienne, tu notes "La Liberté de la presse, une valeur avec la quelle on ne transige pas"... Point, à la ligne. Quoi ? Non, un seul "t" à '"liberté". Non, pas "ée"…" Le type commande sa une comme on choisi chez le coiffeur  :"oui, alors l'idée ça serait bien dégagé derrière les oreilles, peut être une mèche devant, le tout bien blond... oh et puis fait bien dégagé partout, ça ira bien".

 

Certains vont s'étonner, me dire que ce ne sont pas des pratiques nouvelles, que ça se sait. N'empêche : tu sais que tes parents baisent ensemble, mais te retrouver littéralement devant le spectacle, ça te pique un peu les yeux.

 

Depuis, tout le monde y va de sa petite phrase et de son commentaire alternant stupéfaction et indignation. Jean-Claude Dassier, ancien directeur de LCI n'en revient pas : "Je suis abasourdi. Je pense avoir connu et connaître un peu Patrick Buisson. J'avoue que je suis sur le cul." On sent tout de suite l'homme de lettres.

 

Le pire, c'est que pendant ce temps là, ça décolle enfin pour François ! Même le Figaro le dit : Le taux de chômage à baissé ! De 1 point ! Tout le monde à poil !

 

Les voisins de l'Elysée se plaindraient de tapage nocturne : on entend "I will survive" tourner en boucle depuis hier soir jusqu'à la rue du cirque. Dommage : ce qui aurait surement fait la une en periode de disette médiatique ne passe même pas aux journaux télé. Du coup, François se demande si l'annonce du sarkoleak ne servirait pas qu'à couvrir ses bons résultats, lui qui avait prévu de chouettes annonces avec allocution au 20 heures, Najat chez Hanouna, baignade dans la seine et tout.

Publié dans Lolery

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joui fort 06/03/2014 16:29

Magnifique.

cheurtra 11/06/2014 11:43



Je pense aussi.